Laval le maudit enfin réhabilité ! Jusqu'à ce jeune président de la République que le monde entier nous envierait, qui se prosterne aux pieds de l'envahisseur (On s'amusera de noter que le même déclarait la colonisation "crime contre l'humanité". Prévue pour quand, l'autodafé ?).
Une réussite complète couronne 60 années d’efforts
pour convertir la France aux bienfaits de la colonisation angloricaine. La
dernière poche de résistance a cédé : le créneau "enfant".
Impossible désormais de trouver un vêtement pour bébé sans sigle angloricain.
Obligation de fait aux bambins de 6 ans d’apprendre l’angloricain.
Publicitaires ou politiques, d’entreprise ou d’Etat,
écrites ou audiovisuelles, à usage interne ou externe, toutes les
communications se déshonoreraient à ne pas se faire partiellement
voire entièrement en angloricain.
Pas un événement – du salon à portée
internationale au vide-grenier de Bécon-les-Bruyères – qui ne se pare d’un
intitulé angloricain.
Quant à la langue française elle-même, ou bientôt ses
cendres, plus un concept nouveau sans racine anglo-saxonne. Mieux (pire,
soupirera le réac sanflorain) les mots les plus courants se voient heureusement
évincés par leur ersatz angloricain. Au panier les "carrés d’as"
voilà les "final four". Finis les florilèges, les necs plus ultra,
les meilleurs moments, vive le mono-règne du best of. Ne choisissez plus
entre "entraîner", "conseiller" ou "cornaquer" ;
soyez in et fun avec "coacher".
"Audition" et "distribution" fusionnent en
"casting". L’auto-portrait finement rebaptisé
"ego-portraits" par les Québécois, le "selfie" en fait
litière… Les exemples morts se ramassent à la pelle. Des langues - comme
l'espagnol - nationalisent les emprunts étrangers. Les Français prennent
le contrepied : non seulement ils ne francisent pas les vocables
angloricains... mais ils angloricanisent leurs propres tournures ! Résumons :
le français moderne n’aime plus, il like !
Les bases de la syntaxe ? "By"
chasse "par" et "versus dégage "contre".
"Mon", "ma", "mes" se raccourcissent en
"my", oubliez grand ou gros, "big" les remplace. On
"impacte", on "contacte". On "matche" deux trucs
allant ensemble. Et l'on évoque les "dernières 48 heures".
"Minimes", "cadets", "juniors " ? Au
vestiaire, et vive les "U12" ou les "U 16". Bref on
angloricanise la langue française.
En 1994 une tapée de gugusses rédigea une loi
protectrice dite "Toubon" au prétexte que l’angloricain menaçait
non plus d’étoffer mais d’étouffer le français… Ces Cassandre voyaient
dangereusement juste. Heureusement leur répondit une flopée de sarcasmes
inconscients, tandis que les zozautorités compétentes s’empressèrent de
garantir l'impunité aux contrevenants.
Revue fragmentaire de la situation aujourd'hui
"Audition" et "distribution" fusionnent en "casting". L’auto-portrait finement rebaptisé "ego-portraits" par les Québécois, le "selfie" en fait litière… Les exemples morts se ramassent à la pelle. Des langues - comme l'espagnol - nationalisent les emprunts étrangers. Les Français prennent le contrepied : non seulement ils ne francisent pas les vocables angloricains... mais ils angloricanisent leurs propres tournures ! Résumons : le français moderne n’aime plus, il like !
Revue fragmentaire de la situation aujourd'hui
PARIS 2024 Grand prix Pierre Laval 2017
Chapeau !
Il fallait oser. Ils ont osé !
La langue
française - Coubertin oblige - partage avec le seul angloricain le statut de
langues officielles du comité olympique.
Naturellement, la candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2024 allait être déclinée d'abord dans la langue native, ensuite dans celle de notre Empire.
Naturellement ? C'était sans compter avec la probité et le sens de l'honneur des têtes de pont de l'opération : le comité de candidature co-présidé par Messieurs Bernard Lapasset et Tony Estanguet, avec Etienne Thobois pour directeur général.
Les outils servant de support à la propagande, pardon à la présentation de la candidature sont, heureuse surprise, systématiquement en langue angloricaine, sous-titrée en français. Voire sans traduction française (image ci-contre).
Le comité pousse le souci de l'allégeance jusqu'à baptiser "Smart Paris 2024" un prix remis à huit entreprises françaises participant à l'événement !
Le 3 février, à Paris (France), le comité (français) présentait au CIO (ayant le français pour première langue) la candidature de Paris (re-France). C'est donc en angloricain que cela fut fait. Le slogan serait en angloricain. Les laïus - de l'inévitable Hidalgo, de Estanguet et consort - furent servis en angloricain. Seul le premier ministre eut l'outrecuidance de s'exprimer en français.
Les outils servant de support à la propagande, pardon à la présentation de la candidature sont, heureuse surprise, systématiquement en langue angloricaine, sous-titrée en français. Voire sans traduction française (image ci-contre).
Le comité pousse le souci de l'allégeance jusqu'à baptiser "Smart Paris 2024" un prix remis à huit entreprises françaises participant à l'événement !
Le 3 février, à Paris (France), le comité (français) présentait au CIO (ayant le français pour première langue) la candidature de Paris (re-France). C'est donc en angloricain que cela fut fait. Le slogan serait en angloricain. Les laïus - de l'inévitable Hidalgo, de Estanguet et consort - furent servis en angloricain. Seul le premier ministre eut l'outrecuidance de s'exprimer en français.
Cette probité, ce sens de l'honneur, pour tout dire ce respect de l'histoire ainsi déclinés (c'est le mot) méritent largement notre récompense suprême, le grand prix Pierre Laval. Les heureux lauréats recevront donc une maquette au 1/50 de l'engageante locomotive qui en octobre 1940 amena Monsieur le Chancelier Hitler sur la commune de Montoire pour y rencontrer le chef de l'Etat français, le maréchal Pétain, afin d'élaborer ensemble une fructueuse collaboration.
"FREE FLIGHT WORLD MASTERS"
Le ministère
de la Défense, l'armée de terre, la patrouille de France, le patronage de la
ville de Sainte-Maxime… La grande fête bleu-blanc-rouge célébrait, en octobre
2016, le… Free
Flight World Masters.
Un
spectacle aérien se déroulant (comme son nom ne l'indique pas) en France uniquement - en 2016 à Sainte-Maxime, Rodez et Chambley. Et en
totale violation de l'article 15 d'une "loi du 4 aout 1994" obligeant
les partenaires d'organismes publics à n'organiser d'événements que respectueux
de la langue française. Bien entendu aucun des bras cassés dévolus à poursuivre
les délinquants n'a levé le petit doigt (c'est vrai qu'avec un bras cassé...). Langue française, what are-you talking
about ?
Le ministère
de la Défense, l'armée de terre, la patrouille de France et la ville de Sainte-Maxime se partagent un Rethonde de haut vol.
SOLIDAYS
Lieu : Paris (Longchamp). Public visé : Les Français. C'est
donc logiquement sous appellation angloricaine que s'avance la journée de
concerts Solidarité sida – soit, toujours logiquement, Solidays. Créé en 1999
l'événement garda longtemps un thème à consonance française. Mais depuis 2013
tout est rentré dans l'Ordre : "In love we trust" sera suivi de
"the fight must go on", de "keep on dreaming", de
"solidays of love". 2017 portera les couleurs de "don't stop me
now". Pourquoi pas "Fuck french identity" pour 2018 ?
FESTIVAL D'AVIGNON
Prestigieuse
vitrine de la culture française, le festival théâtrale d'Avignon !
Résolu à
mettre les deux pieds dans la modernité, le site Internet officiel de cet
événement majeur se décline en français
et en angloricain. La loi oblige une manifestation parrainée ou patronnée par
un organisme public français à communiquer, soit en français seul, soit en
français et au moins deux langues étrangères. Pfiii. Mais qui donc se soucie
d'une loi réac prétendant faire barrage à notre impériale hégémonie ?!
LA FÊTE DES LUMIERES DE LYON
Depuis des… lustres, la fête des lumières du
8 décembre apporte au monde le rayonnement de Lyon - conjugaison triomphale
d'une technologie audacieuse et d'une tradition multi-séculaire.
Rayonnement lyonnais, donc français ?
Fi donc ! C'est en angloricain que Lyon décide,
en 2002, de fédérer des villes désireuses de suivre son lumineux exemple en
lançant la Lighting Urban
Community International Association. Et en
angloricain seulement (à preuve le site accessible via la photo ci-contre).
Tant pis pour ces villes qui – pour l'instant – ne cracheraient pas encore sur leur
identité linguistique internationale, telles Rabat, Québec, Ouagadougou, Genève,
Liège, Montréal ou Dakar.
"LE CENTRE JAUDE" CLERMONT-FERRAND
Plus important complexe commercial de centre-ville en
Auvergne, le "Centre Jaude" incarne à la perfection cette admirable
capacité de reniement associée à une bassesse extrême, nécessaires à ce genre
de proclamation invitant le visiteur à ne plus parler que notre langue
impériale.